HISTOIRE 2020-01-20T13:09:50+00:00

HISTOIRE

Charlemont, perché sur un éperon rocheux, au cœur de la Réserve Naturelle de la Pointe de Givet, domine la Meuse et ses alentours.

Au XVIe siècle, Givet ne fait pas encore partie du royaume de France. En 1554 Henri II lance ses troupes contre les Pays-Bas Espagnols. Sous le commandement d’Henri II et du duc de Nevers, celles-ci ravagent tout sur leur passage et notamment les châteaux de Binche et de Mariemont, résidences de Marie de Hongrie, sœur de l’empereur Charles Quint, compromettant ainsi la sécurité des frontières. Pour les protéger, Charles Quint décide donc de rechercher un lieu pour créer une forteresse moderne afin d’éviter que cela ne se reproduise. Marie de Hongrie achète les terres de Givet, choisies pour ce projet, et, dès le moi de mai 1555, l’édification du fort commence sous le contrôle de Donato Buoni Pellizuoli, ingénieur italien.

Pendant ces travaux, une nouvelle attaque française est menée. Elle est à l’origine des travaux d’extension entrepris vers l’Ouest, menés sous la direction des ingénieurs Sébastien et Jacques Van Noyen et achevés en 1563-1564.

De la fin du XVIe siècle jusqu’en 1675, les Espagnols construisent une seconde enceinte : une tenaille à l’Est, une contregarde casematée et un ouvrage à cornes à l’Ouest, et trois demi-lunes au Nord.

C’est avec le traité de Nimègue en 1678 que la place forte Charlemont-Givet devient française. Elle est remise au roi de France Louis XIV en 1680, puis rapidement inspectée et améliorée par Vauban.

Suite à l’attaque du général Coehorn, qui bombarde Givet depuis les hauteurs du Mont d’Haurs, Vauban propose dès 1696 un grand projet pour compléter et améliorer la place, et en faire le verrou de la Meuse, après la restitution de Dinant au Prince évêque de Liège suite au traité de Ryswick. Il prévoit notamment d’unifier les deux bourgs de Givet en une ville entièrement fortifiée, de construire un camp retranché sur le Mont d’Haurs, d’envelopper les extrémités de Charlemont dans une troisième enceinte (enveloppe du cornichon, second ouvrage à cornes et renforcement du front Nord).

Charlemont prendra sa structure définitive vers 1740, après la construction de la couronne d’Asfeld à l’Ouest, et de l’enveloppe du cornichon à l’Est.

Les dernières modifications d’ampleur sont apportées par le Général Séré de Rivières, suite à la défaite de la France lors de la guerre franco-allemande de 1870. La crise de l’obus-torpille dans les années 1880 rend cependant ces travaux obsolètes avant leur achèvement.

En 1914, Charlemont tombe après trois jours de bombardement. Dépassé techniquement, le site ne peut que ralentir la progression des armées allemandes.

Charlemont reprend du service en 1940 mais, malgré les améliorations apportées à partir des années 1930 (ouvertures de tirs et blocs pour pièces de 75 ...), la situation est similaire à celle de 1914. Le site ne peut résister aux attaques ennemies et est abandonné en mai 1940. Givet est libéré le 7 septembre 1944.

En 1962, l'Etat, notamment les services de la Défense, se réapproprie le site. Le 1er janvier 1963, le général Massu, commandant de 6e Région Militaire y installe le premier Centre d'Entraînement Commando de France, le C.E.C. de Givet, dont la devise est : "Croire et Vaincre". L'histoire militaire de Charlemont s'achève en novembre 2009 avec la fermeture du Centre dans le cadre de la restructuration des services de la Défense.

Des négociations ont donc lieu entre l'Etat et les collectivités locales (Commune de Givet et Communauté de Communes Ardenne Rives de Meuse). Désireuse de ne pas laisser Charlemont à l'abandon, et de le conserver dans le giron public, la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse a, dès 2011, donné son accord de principe pour devenir propriétaire du site. L'acquisition du site du Fort de Charlemont, d'une surface totale de plus de 85ha, est signée le 30 juin 2015.

Aujourd’hui, c’est le touriste qui monte à l’assaut de la citadelle, témoin privilégié de l’Histoire. Découvrez, en plein air, sur un circuit balisé, parcourant la Pointe-Est, l’ancien village, les galeries souterraines ou encore l’hôpital de siège, ainsi que les superbes points de vue sur la ville de Givet et les paysages de la Vallée de la Meuse.